Télétravail en coworking : l'employeur doit-il payer en 2026 ?
En télétravail dans un coworking, l'employeur doit prendre en charge les frais du télétravail, mais il ne paie l'espace que s'il a autorisé ce lieu et validé la dépense, idéalement dans l'accord collectif, la charte ou l'accord individuel. En 2026, l'allocation forfaitaire exonérée plafonne à 2,70 € par jour et 59,40 € par mois sans accord collectif, alors qu'une journée de coworking coûte 20 € HT en médiane en France (716 tarifs). Le reste se négocie ou se rembourse au réel sur factures.
Télétravail en coworking : l'employeur doit-il payer ?
L'employeur doit prendre en charge les frais du télétravail, mais il ne paie le coworking que s'il a validé ce lieu et cette dépense. La fiche « Télétravail du salarié dans le secteur privé » de service-public.fr pose le principe : l'employeur prend en charge les frais engagés par un salarié pour réaliser son contrat de travail, donc aussi ceux occasionnés par le télétravail. Il peut le faire de deux façons : rembourser les dépenses réelles sur factures, ou verser une indemnité forfaitaire.
Ni la loi ni l'Urssaf ne fixent de montant ou de liste de dépenses propre au coworking. Le périmètre se règle donc entre l'employeur et le salarié, dans l'accord collectif, la charte ou l'accord individuel de télétravail. Sans validation préalable, un salarié qui choisit seul de louer un poste en coworking n'a pas de garantie d'être remboursé.
Un salarié peut-il télétravailler dans un coworking ?
Oui, un salarié peut télétravailler dans un coworking si ce lieu est prévu par l'accord collectif ou la charte, ou autorisé par l'employeur. Selon service-public.fr, le salarié en télétravail peut travailler dans tous les lieux définis par l'accord, la charte ou autorisés par l'employeur, par exemple son domicile, un télécentre ou un bureau partagé.
L'accord national interprofessionnel du 26 novembre 2020 sur le télétravail cite d'ailleurs l'espace de coworking comme exemple de tiers-lieu où le télétravail peut s'exercer, à côté du domicile du salarié.
Le cadre légal est fixé par l'article L1222-9 du code du travail :
- le télétravail est mis en place par un accord collectif ou, à défaut, par une charte élaborée par l'employeur après avis du comité social et économique s'il existe ;
- en l'absence d'accord ou de charte, l'employeur et le salarié formalisent leur accord par tout moyen ;
- quand un accord ou une charte existe, l'employeur qui refuse le télétravail à un salarié occupant un poste éligible doit motiver sa réponse.
Entreprendre Service Public apporte une précision pratique dans son actualité sur le télétravail hors du domicile : un accord, même informel, suffit à mettre en place le télétravail, mais le salarié doit informer son employeur qu'il travaillera ailleurs que chez lui, disposer d'une connexion stable et sécurisée et pouvoir garantir la confidentialité des échanges. L'employeur peut s'y opposer.
Quel est le montant de l'allocation télétravail en 2026 ?
En 2026, l'allocation forfaitaire de télétravail est exonérée de cotisations jusqu'à 2,70 € par jour, dans la limite de 59,40 € par mois, quand elle n'est pas prévue par un accord collectif. Ces plafonds sont publiés par l'Urssaf dans ses taux et barèmes des frais professionnels et repris par Entreprendre Service Public dans son actualité sur le barème 2026.
| Cas | Par jour de télétravail | Plafond mensuel | Forfait mensuel pour 1 jour par semaine |
|---|---|---|---|
| Allocation non prévue par un accord collectif | 2,70 € | 59,40 € | 11 € |
| Allocation prévue par une convention de branche, un accord professionnel, interprofessionnel ou de groupe | 3,30 € | 72,60 € | 13,20 € |
Entreprendre Service Public donne un exemple : un salarié qui télétravaille 2 jours par semaine peut recevoir 22 € par mois sans justificatif. Au-delà de ces plafonds, l'Urssaf admet l'exonération si l'employeur justifie la réalité des dépenses supportées par le salarié. L'Urssaf précise aussi que les remboursements de frais de télétravail ne se cumulent pas avec le remboursement des frais liés à l'utilisation des outils informatiques personnels.
Ces montants changent chaque année. Pour une décision de paie, vérifiez toujours le barème en vigueur sur la page Urssaf des frais professionnels.
L'allocation télétravail suffit-elle à payer un coworking ?
Non, l'allocation télétravail exonérée ne couvre qu'une petite partie du prix d'un coworking. En octobre 2026, une journée de coworking coûte 20 € HT en médiane en France, d'après 716 tarifs publics, soit plus de sept fois l'allocation journalière de 2,70 €. Un poste nomade coûte 199 € HT par mois en médiane, d'après 527 tarifs publics : le plafond mensuel de 59,40 € en couvre environ 30 %.
| Formule (France, médiane HT) | Prix | Nombre de tarifs | Part couverte par 59,40 € | Part couverte par 72,60 € |
|---|---|---|---|---|
| 1 journée | 20 € | 716 | n. a. | n. a. |
| 4 journées par mois | 80 € | 716 | 74 % | 91 % |
| 8 journées par mois | 160 € | 716 | 37 % | 45 % |
| Poste nomade (mois) | 199 € | 527 | 30 % | 36 % |
| Poste dédié (mois) | 250 € | 249 | 24 % | 29 % |
L'écart est plus marqué dans les grandes villes. À Paris, la journée coûte 25 € HT en médiane (65 tarifs) et le poste nomade 280 € HT (68 tarifs). Les journées les moins chères se trouvent dans des villes comme Lille ou Strasbourg (16 € en médiane, sur 10 et 6 tarifs) : voir notre classement des villes où le coworking est le moins cher et le classement des villes par prix.
Au rythme de 2 jours par semaine, soit environ 8 journées par mois, la formule à la journée revient à 160 € HT en médiane nationale, encore sous les 199 € du poste nomade. En France, il faut environ 10 journées par mois pour que le poste nomade devienne plus intéressant ; à Paris, le seuil est de 11,2 jours. Notre guide journée ou abonnement de coworking détaille ce calcul.
Comment se faire rembourser un coworking au réel ?
Pour se faire rembourser un coworking au réel, le salarié doit obtenir l'accord de son employeur avant la dépense, puis fournir les factures. L'Urssaf, dans sa page sur les frais professionnels exonérés de cotisations, explique que le remboursement sur dépenses réelles n'a pas de plafond d'exonération, à deux conditions : l'employeur doit prouver que le salarié est contraint d'engager ces frais dans le cadre de son travail, et produire les justificatifs.
L'accord national interprofessionnel de 2020 va dans le même sens : il revient à l'entreprise de prendre en charge les dépenses engagées par le salarié pour son activité et dans l'intérêt de l'entreprise, après validation de l'employeur. L'arrêté d'extension du 2 avril 2021 a précisé que cette validation doit être préalable à la dépense, et non postérieure.
En pratique, deux montages sont courants :
- l'entreprise souscrit elle-même l'abonnement et reçoit la facture à son nom, ce qui évite l'avance de frais par le salarié ;
- le salarié paie et se fait rembourser sur note de frais, avec la facture de l'espace et l'accord écrit de son employeur.
Dans le premier cas, l'entreprise traite la dépense comme ses autres frais de locaux ; notre article sur le coworking déductible et la TVA détaille ces règles côté entreprise.
Que prévoir dans l'accord ou la charte de télétravail ?
L'accord ou la charte de télétravail doit dire si le coworking est un lieu autorisé et qui le paie, dans quelle limite. Le code du travail impose déjà plusieurs clauses (conditions de passage en télétravail et de retour, modalités d'acceptation, contrôle du temps de travail, plages de contact). Pour le coworking, il est utile d'ajouter :
- la liste des lieux autorisés, en mentionnant explicitement les espaces de coworking ;
- le mode de prise en charge : allocation forfaitaire, remboursement au réel ou abonnement souscrit par l'entreprise ;
- un plafond mensuel ou un nombre de journées financées ;
- la procédure de validation préalable de la dépense ;
- les règles de confidentialité et de sécurité informatique dans un espace partagé.
Pour chiffrer un budget, partez des prix publics : la page prix du coworking donne les médianes nationales, et les pages coworking à la journée à Paris ou à la journée à Lyon listent les offres sans engagement. Notre méthode pour choisir un coworking selon ses critères aide à comparer les espaces, et le formulaire de demande de propositions permet de recevoir des offres adaptées à une équipe. La source de nos prix est décrite sur la page méthodologie.
Questions fréquentes
L'employeur doit-il payer le coworking d'un salarié en télétravail ?
L'employeur doit prendre en charge les frais du télétravail, mais il ne paie le coworking d'un salarié en télétravail que s'il a autorisé ce lieu et validé la dépense avant qu'elle soit engagée. Sans accord préalable, le remboursement n'est pas garanti.
Quel est le montant de l'allocation télétravail exonérée en 2026 ?
En 2026, l'allocation télétravail est exonérée jusqu'à 2,70 € par jour dans la limite de 59,40 € par mois sans accord collectif, et jusqu'à 3,30 € par jour dans la limite de 72,60 € par mois quand elle est prévue par un accord de branche, professionnel, interprofessionnel ou de groupe, selon l'Urssaf.
L'allocation télétravail suffit-elle à payer un coworking ?
Non. Le plafond de 59,40 € par mois couvre environ 30 % d'un poste nomade, qui coûte 199 € HT par mois en médiane en France d'après 527 tarifs publics.
Un salarié peut-il télétravailler dans un coworking sans accord de l'employeur ?
Non. Un salarié ne peut télétravailler dans un coworking que si ce lieu est prévu par l'accord collectif ou la charte, ou autorisé par l'employeur. Il doit au minimum l'informer qu'il travaille ailleurs qu'à son domicile.
Combien coûte une journée de coworking ?
Une journée de coworking coûte 20 € HT en médiane en France en octobre 2026, d'après 716 tarifs publics, et 25 € HT à Paris d'après 65 tarifs.
Sources
- service-public.fr, Télétravail du salarié dans le secteur privé (vérifié le 14 août 2026)
- Urssaf, Les frais professionnels (employeur)
- Urssaf, Taux et barèmes : frais professionnels, montants 2026
- Entreprendre Service Public, Remboursement des frais de télétravail : quel barème en 2026 ? (7 janvier 2026)
- Entreprendre Service Public, Télétravail : quelles conditions pour travailler hors de son domicile ? (9 juillet 2026)
- Légifrance, article L1222-9 du code du travail
- Légifrance, accord national interprofessionnel du 26 novembre 2020 relatif à la mise en œuvre réussie du télétravail
- comparatifcoworking.com, relevé d'octobre 2026
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